L'ascenseur.
- nalarosemaven
- 21 juin
- 2 min de lecture
J’ai publié quelque chose sur X il y a quelque temps. Une simple pensée qui m’est venue alors que je me rendais à un rendez-vous. Ces dernières secondes avant une rencontre. Seule dans l’ascenseur. Les portes qui se ferment. Un rapide regard à dans le miroir, juste assez pour me recentrer.
Je ne m’attendais pas à ce que ce simple message trouve autant d’écho.

Des clients comme des collègues m’ont répondu en disant qu’ils connaissaient parfaitement cette sensation. Ce léger frisson. L’anticipation. L’incertitude de ce qui va suivre. La plupart pensaient que je parlais de leurs émotions. Ce n’était pas le cas. Je parlais des miennes.
Il y a une idée reçue qui accompagne souvent ce métie: celle que le trac n’appartient qu’à vous. Que lorsque vous rencontrez une escort pour la première fois, toute l’incertitude repose sur vos épaules, tandis que nous arrivons déjà parfaitement sereines. Professionnelles. Maîtrisées. Imperturbables.
Pourtant, ce n’est pas ainsi que je le vis. Chaque rencontre apporte quelque chose.
Pas de l'appréhension. Rien de tel. Plutôt ce sentiment qui précède un moment important. On sait ce qui vient. On l'attend avec plaisir. Qu'il s'agisse d'une première rencontre ou de la dixième fois que je retrouve quelqu'un que je connais bien, il y a toujours cette légère accélération tandis que je monte.
J'en suis venue à y voir un bon signe.
Le corps ne fait pas vraiment la différence entre la nervosité et l'excitation. Le cœur bat un peu plus vite. Les sens s’aiguisent. Les signaux sont les mêmes ; seule l’interprétation change. Pour moi, cela signifie simplement que ce moment compte encore. Que ni l’un ni l’autre ne sommes là par habitude.
Ce regard dans le miroir n’est pas de la vanité. C’est une façon de me recentrer. D’arriver pleinement présente, plutôt qu’en laissant mon esprit déjà ailleurs.
Puis les portes s’ouvrent.
Cet instant — cette respiration suspendue juste avant que tout commence — reste l’une de mes parties préférées de ce métier. Le temps ne l’a pas émoussée, et je ne pense pas qu’il le fera un jour.
Alors, si vous vous êtes déjà demandé, en vous dirigeant vers un rendez-vous avec une escorte, si vous étiez le seul à ressentir cela, la réponse est non. Il y a de fortes chances que je sois quelque part dans un ascenseur, en train de prendre exactement la même inspiration.
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